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Quand consulter devient nécessaire

Il arrive un moment dans la vie où la souffrance devient trop lourde, trop répétitive ou trop envahissante pour être supportée seule. Que ce soit une anxiété envahissante, une phobie, un TOC, un trouble du sommeil, une dépression, un burn-out, une crise existentielle, des difficultés relationnelles, familiales ou conjugales, ou encore une répétition de schémas douloureux, ce moment peut se manifester par un sentiment d’épuisement, un désarroi face aux événements ou un sentiment d’impasse. On se dit alors qu’il est temps de demander de l’aide. Mais à qui s’adresser et quelle approche choisir ?

Le champ de la psychothérapie est vaste et parfois déroutant. Psychiatres, psychologues, psychanalystes, psychothérapeutes et psychopraticiens proposent des méthodes très diverses, centrées sur le traitement médical, le changement comportemental, l’exploration de l’inconscient, ou le travail corporel et émotionnel. Comprendre la nature de sa souffrance et les options disponibles est le premier pas pour un choix éclairé.

Identifier la nature de sa souffrance

Le choix du thérapeute et de l’approche dépend avant tout de ce que l’on traverse. Une souffrance aiguë, envahissante ou présentant un risque vital nécessite une évaluation médicale, parfois accompagnée d’un traitement psychiatrique. Les difficultés ciblées comme les phobies, les TOC, les troubles anxieux ou certaines addictions peuvent relever d’un travail comportemental et cognitif. Les difficultés relationnelles, familiales ou conjugales nécessitent de déplacer le regard du symptôme individuel vers le système relationnel. Les répétitions de scénarios, le malaise existentiel ou le sentiment d’impasse intérieure invitent à un travail psychothérapeutique ou analytique plus profond. Certaines expériences traumatiques ou somatisées peuvent bénéficier d’un accompagnement psychocorporel, parfois en première étape avant un travail verbal ou intégré à une démarche thérapeutique plus large. Il n’existe pas de thérapie universelle : chaque approche a ses indications selon la situation, le type de difficulté et les symptômes.

Les grandes familles thérapeutiques et leurs figures de référence

Le choix du thérapeute et de l’approche dépend avant tout de ce que l’on traverse. Une souffrance aiguë, envahissante ou présentant un risque vital nécessite une évaluation médicale, parfois accompagnée d’un traitement psychiatrique. Les difficultés ciblées comme les phobies, les TOC, les troubles anxieux ou certaines addictions peuvent relever d’un travail comportemental et cognitif. Les difficultés relationnelles, familiales ou conjugales nécessitent de déplacer le regard du symptôme individuel vers le système relationnel. Les répétitions de scénarios, le malaise existentiel ou le sentiment d’impasse intérieure invitent à un travail psychothérapeutique ou analytique plus profond. Certaines expériences traumatiques ou somatisées peuvent bénéficier d’un accompagnement psychocorporel, parfois en première étape avant un travail verbal ou intégré à une démarche thérapeutique plus large. Il n’existe pas de thérapie universelle : chaque approche a ses indications selon la situation, le type de difficulté et les symptômes.

La psychiatrie : diagnostic et stabilisation

La psychiatrie s’inscrit dans une logique médicale. Elle intervient lorsque la souffrance psychique nécessite un diagnostic précis, une évaluation clinique et parfois un traitement médicamenteux. Ces traitements stabilisent l’état du patient et rendent possible un travail psychothérapeutique ultérieur. La psychiatrie est particulièrement indiquée dans les dépressions sévères, les troubles bipolaires, les troubles psychotiques ou les crises aiguës. Emil Kraepelin reste une figure majeure ayant structuré la psychiatrie moderne.

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : le changement ciblé

Les TCC visent à soulager des symptômes précis en travaillant sur les pensées, comportements et émotions. Elles sont efficaces pour les phobies, TOC, troubles anxieux ou certaines addictions. Elles reposent sur l’expérimentation et l’engagement actif du patient entre les séances. Le thérapeute doit accompagner le changement, proposer des exercices, ajuster les interventions et ne pas se contenter d’écouter passivement. Aaron T. Beck est la référence majeure de ce courant.

Les approches psychodynamiques et analytiques : explorer l’inconscient

Ces approches explorent les conflits inconscients, les répétitions, les traumas anciens et l’organisation de la personnalité. Le symptôme est perçu comme un message à entendre. Sigmund Freud, Melanie Klein et Donald Winnicott sont des figures de référence. La relation thérapeutique repose sur le transfert et le contre-transfert : le patient projette des affects sur le thérapeute, qui doit savoir les contenir et les interpréter. Le thérapeute doit lui-même avoir traversé une ou plusieurs cures analytiques pour être capable de gérer ces dynamiques de manière éthique et professionnelle.

Les approches humanistes et existentielles : l’expérience vécue et le sens

Ces approches mettent l’accent sur l’expérience vécue, les émotions, la responsabilité et la capacité du patient à se déployer. Elles considèrent l’être humain dans sa globalité, psychique, émotionnelle, relationnelle et parfois spirituelle. Carl Rogers et Viktor Frankl sont des figures emblématiques. Ces thérapies sont souvent choisies par des personnes en quête de sens, d’authenticité ou traversant des crises existentielles, et reposent fortement sur la qualité de présence et la capacité d’accueil du thérapeute.

Les approches systémiques, familiales et de couple : penser le lien

Ces approches replacent la souffrance dans le contexte relationnel et systémique. Le symptôme appartient à un système familial, conjugal ou institutionnel. En thérapie familiale, le patient n’est pas isolé : le thérapeute accompagne le système et ne désigne jamais de « coupable ». En thérapie de couple, le patient est le lien, et non l’un des partenaires. Le thérapeute ne prend pas parti et n’arbitre pas les conflits. Murray Bowen est une référence majeure en systémique. Ces approches sont pertinentes face aux conflits répétitifs, aux impasses familiales ou aux difficultés conjugales.

Les approches psychocorporelles : le corps comme mémoire

Le corps est considéré comme un lieu de mémoire des affects et des expériences traumatiques. Ces approches sont utiles lorsque le fonctionnement mental et intellectuel est trop contrôlé pour que la parole seule suffise. Elles permettent de libérer des émotions enfouies et de contourner les défenses psychiques. Elles peuvent constituer une première étape avant un travail verbal ou s’intégrer dans une démarche thérapeutique plus large.

Les thérapies ciblées sur le trauma

Certaines approches sont spécialement conçues pour accompagner les traumatismes. L’EMDR, développée par Francine Shapiro, agit sur les souvenirs intrusifs et le stress post-traumatique. La Somatic Experiencing, initiée par Peter Levine, travaille sur les manifestations corporelles et la régulation du système nerveux. La thérapie sensorimotrice, fondée par Pat Ogden, combine travail corporel et psychique pour traiter les traumatismes anciens ou complexes. Le choix de l’approche dépend de la nature du trauma : un trauma récent ou ponctuel peut bénéficier de l’EMDR, un trauma avec forte composante corporelle de la Somatic Experiencing, et un trauma ancien ou complexe de la Sensorimotor Psychotherapy.

La relation thérapeutique : le critère central

Au-delà de l’orientation choisie, ce qui compte avant tout est la qualité de la relation avec le thérapeute. Les diplômes et la théorie sont importants, mais ils ne remplacent jamais la capacité à écouter, soutenir, contenir et accompagner le patient. Une solide formation ne garantit pas la qualité relationnelle. La thérapie est un espace où se rejouent des enjeux intimes et inconscients. Le transfert et le contre-transfert, notamment en analytique, sont essentiels et doivent être gérés par un thérapeute ayant lui-même traversé un parcours d’analyse. Une tête bien remplie n’est pas nécessairement un cœur bien fait. Une thérapie réussie repose sur une rencontre, sur la qualité de présence et d’écoute du thérapeute, et sur la capacité du patient à s’engager dans un processus parfois exigeant. Le thérapeute digne de ce nom ne promet pas de guérison rapide, ne se pose pas en sauveur, ne donne pas de recettes toutes faites et ne crée pas de dépendance affective ou psychique. Quitter une thérapie qui ne convient pas n’est ni un échec ni un manque d’engagement : c’est parfois un acte de lucidité et de protection.

Choisir son psy : mêler discernement et intuition

Choisir un thérapeute implique de vérifier ses qualifications, son cadre, son expérience, sa formation et sa supervision. Le patient doit également se fier à son ressenti : se sentir accueilli, respecté et en sécurité est fondamental. Un lien qui ne s’installe pas ou qui se dégrade peut justifier de changer de professionnel.

Chercher le psy qui correspond à sa situation n’est pas être exigeant, c’est protéger son espace psychique et sa santé mentale. Ces éléments ne garantissent pas tout mais constituent un socle sérieux.

Le premier rv constitue un moment d’évaluation qui permet aussi de poser vos questions : la formation , l’orientation thérapeutique ( école de pensée freudienne, jungienne, lacanienne…), fréquence et tarif, le professionnel en cas de difficultés financières doit vous proposer un ajustement, thérapie en face à face ou divan et la différence entre les deux.

Vérifiez que le cadre, la confidentialité et votre autonomie sont respectés. C’est aussi l’occasion de sentir si la relation thérapeutique pourra s’établir dans la confiance et la sécurité. En général,  la première rencontre est déterminante. Vous devez vous sentir écouté, compris et respecté. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à consulter un autre professionnel.

Une thérapie peut être exigeante, parfois inconfortable, mais elle ne doit jamais être maltraitante. Il est donc essentiel de rester attentif à ce qui se joue dans la relation thérapeutique, surtout lorsque quelque chose sonne faux, dérange ou rigidifie.

Un thérapeute digne de ce nom ne promet pas de guérison rapide ni de solution miracle. Il sait que le travail psychique prend du temps, qu’il est singulier, et qu’il ne se décrète pas. Il ne dénigre pas systématiquement les autres approches ou courants thérapeutiques, car cette disqualification est souvent le signe d’une posture défensive ou idéologique, peu compatible avec une véritable ouverture clinique. Il ne culpabilise pas le patient, ne le rend pas responsable de ce qui ne va pas dans la thérapie, et ne cherche pas à imposer une vision du monde, qu’elle soit spirituelle, ésotérique ou doctrinaire.

Un cadre thérapeutique sain repose aussi sur le respect des frontières relationnelles. Le psy ne brouille pas les rôles, ne cherche pas à créer une dépendance affective ou intellectuelle, et reste à sa place de professionnel. Il accepte les questions, le doute, le désaccord. Une thérapie vivante n’est pas une relation d’adhésion aveugle : elle suppose un espace où la pensée peut circuler, se confronter, se transformer.

Il est important de rappeler qu’un psy ne fera jamais les choses à votre place. Il ne peut ni vouloir à votre place, ni vivre à votre place, ni décider pour vous. Il ne fournit pas de recettes toutes faites, ni de mode d’emploi universel. La thérapie n’est ni une réparation magique, ni une délégation de responsabilité. C’est un travail à deux, inscrit dans un cadre clair, au service de votre autonomie psychique.

Enfin, quitter une thérapie qui ne convient pas n’est ni un échec, ni un manque d’engagement. C’est parfois un acte de lucidité, de protection, voire une étape nécessaire du parcours thérapeutique. Se respecter fait aussi partie du soin.

Un thérapeute digne de ce nom a lui-même traversé une ou plusieurs cures analytiques. Ce parcours est fondamental : il permet d’éprouver de l’intérieur ce que signifie être patient, mais surtout d’apprendre à reconnaître et à travailler le transfert et le contre-transfert, qui sont au cœur de toute relation thérapeutique. Sans ce travail sur soi, le risque est grand que les enjeux personnels du thérapeute viennent parasiter la relation, au détriment du patient.

Pour le patient, il est important de rester attentif à son ressenti dès les premières séances. Se sentir écouté, respecté, pris au sérieux, sans être jugé ni dirigé, est un indicateur essentiel. Cela n’exclut ni l’inconfort, ni la confrontation, ni les moments de doute : une thérapie peut parfois bousculer. Mais elle ne doit jamais donner le sentiment d’être rabaissant, intrusif ou aliénant.

Qualité de la relation, diplômes et formations

Il est essentiel de vérifier les qualifications et le sérieux du professionnel. Un psy digne de confiance doit pouvoir justifier de sa formation, de son expérience et d’une supervision régulière avec ses pairs, ce regard extérieur garantissant qualité et éthique. Le code déontologique, le respect de la confidentialité et de votre autonomie sont autant de gages de professionnalisme.

Mais attention : un parcours académique prestigieux ne garantit pas une bonne pratique thérapeutique. Une tête bien remplie n’implique pas forcément un cœur bien fait, ni une qualité particulière d’être en relation. La théorie et la clinique sont indispensables, mais c’est surtout la qualité de la relation thérapeutique, écoute, empathie, sécurité émotionnelle, qui permettra au patient de progresser.

Pour les psychanalystes, cette dimension relationnelle est encore plus cruciale. Elle implique la gestion du transfert (les sentiments projetés par le patient sur son psy) et du contre-transfert (les réactions émotionnelles du psy).

Seul un psy ayant lui-même traversé une ou plusieurs analyses personnelles est réellement préparé à accueillir ces dynamiques complexes.

 Faire sa propre analyse est donc un parcours absolument indispensable pour devenir psychanalyste : c’est ce cheminement intérieur qui permet d’accompagner le patient dans un espace sûr et bienveillant. Il doit pouvoir vous assurer de sa supervision et vous êtes en droit de lui demander.

Rester vigilant : signes de dérive 

Toutes les approches thérapeutiques ne se valent pas, mais chacune possède ses propres repères cliniques, son cadre, ses exigences. Lorsqu’un professionnel s’en écarte, ce n’est pas une question de style personnel : c’est un problème éthique et clinique. Identifier ces dérives permet aux patients de se repérer, de se protéger et, si nécessaire, de s’autoriser à dire non.

En pédopsychiatrie : se placer contre les parents

En pédopsychiatrie, on ne consulte jamais « pour soi », mais pour un enfant. Le thérapeute travaille avant tout pour répondre à la souffrance de ce dernier, ce qui ne signifie pas satisfaire les attentes parentales, mais encore moins les disqualifier. Les parents font partie intégrante du dispositif thérapeutique : ils sont des partenaires, parfois fragilisés, parfois débordés, mais jamais des adversaires.

Toute posture accusatrice, méprisante ou culpabilisante à leur égard est non seulement contre-productive, mais potentiellement délétère pour l’enfant. Critiquer ou humilier les parents devant lui, les désigner comme « responsables » du trouble, revient à placer l’enfant dans un conflit de loyauté impossible à soutenir.

un professionnel qui accuse, humilie ou désigne explicitement ou implicitement les parents comme cause du symptôme sort du cadre thérapeutique et met l’enfant en danger psychique.

Les thérapies cognitivo-comportementales reposent sur un principe clair : le changement passe par l’expérimentation. Une TCC implique un travail actif, des exercices, des mises en situation, un accompagnement concret du patient entre les séances.

Le thérapeute y est engagé, présent, impliqué. Il ne se contente pas d’écouter passivement, mais propose, ajuste, soutient le processus de changement. Sans cela, il ne s’agit pas d’une TCC, mais au mieux d’une thérapie de soutien.

Si le thérapeute se limite à écouter sans jamais proposer d’exercices ni accompagner activement le changement, il est probable que vous ne soyez pas dans une thérapie cognitivo-comportementale, malgré l’étiquette affichée.

En thérapie familiale : désigner un coupable

En thérapie familiale, le patient n’est pas un individu isolé, mais le système relationnel dans son ensemble. Le travail porte sur les interactions, les places, les alliances, les répétitions. Prendre parti pour l’un contre l’autre, favoriser un membre ou désigner un « bouc émissaire » constitue une faute clinique majeure.

Sauf indication très spécifique, le thérapeute reçoit la famille ensemble. Il ne propose pas de suivis individuels parallèles qui brouillent les alliances et renforcent les clivages. Son rôle est de soutenir le mouvement du groupe, pas de désigner un responsable.

Un thérapeute familial qui reçoit les membres séparément sans indication claire, ou qui désigne implicitement un fautif, s’éloigne de la posture systémique et compromet le travail thérapeutique.

Vigilance particulière en sexothérapie : quand le cadre dérape

La sexothérapie est un champ thérapeutique particulièrement sensible, car il touche à l’intimité, au corps, au désir et à la vulnérabilité psychique. Cette spécificité exige un cadre extrêmement clair, rigoureux et sécurisant. Or, le titre de sexothérapeute n’étant pas strictement encadré, la vigilance doit y être renforcée, tant pour les patients que pour les professionnels eux-mêmes.

Une dérive fréquente consiste à brouiller les frontières entre élaboration thérapeutique et passage à l’acte. En dehors d’un cadre médical strict et justifié, aucun toucher corporel n’a de légitimité thérapeutique. Jamais. Le travail en sexothérapie repose sur la parole, la mise en sens, l’exploration psychique des représentations, des blocages, des fantasmes ou des traumatismes éventuels, pas sur des expériences corporelles imposées ou suggérées par le thérapeute.

D’autres dérives prennent la forme de questions intrusives, insistantes ou voyeuristes, qui ne servent pas le processus clinique mais la curiosité personnelle du praticien. Une question peut être intime sans être intrusive ; la différence tient à l’intention, au timing et au respect du rythme du patient. Lorsque le patient se sent exposé, mal à l’aise, sexualisé ou contraint de répondre, le cadre thérapeutique est déjà fragilisé.

Il existe également des confusions dangereuses entre parole thérapeutique et excitation sexuelle. Toute situation où le thérapeute semble chercher, provoquer ou entretenir une stimulation sexuelle explicite ou implicite constitue une transgression grave. Le transfert sexuel peut exister, comme dans toute thérapie, mais il doit être pensé, contenu et travaillé, jamais agi.

Enfin, certaines dérives s’inscrivent dans des discours pseudo-thérapeutiques justifiant l’injustifiable au nom de la « libération », de la « reconnexion au corps » ou d’une vision idéologique de la sexualité. Imposer une norme, une vision du désir, ou pousser un patient à des pratiques pour lesquelles il n’est pas prêt, revient à répéter une forme de violence psychique.

En sexothérapie plus qu’ailleurs, il n’y a pas de zone grise acceptable : tout flou dans le cadre, toute confusion des rôles, tout malaise persistant doit être entendu comme un signal d’alarme.

Se protéger, interrompre une thérapie ou demander un autre avis n’est jamais un excès de prudence, mais un acte de responsabilité envers soi-même.

Attention aux dérives possibles en psychanalyse

La psychanalyse est une approche profonde et exigeante, qui peut être extrêmement aidante lorsqu’elle est pratiquée dans un cadre solide. Mais comme toute thérapie fondée sur une relation asymétrique et souvent longue, elle demande une vigilance particulière.

L’une des dérives les plus fréquentes concerne la confusion autour de la neutralité. La neutralité analytique n’est ni de la froideur, ni du silence systématique, ni un retrait humain. Un analyste trop distant, désincarné ou impassible peut laisser le patient seul face à sa détresse, sous couvert de cadre théorique. Or, une présence contenante et incarnée est indispensable pour que le travail psychique puisse se faire.

Un autre point de vigilance tient à l’usage de l’autorité symbolique. Le langage analytique ne doit jamais servir à disqualifier le ressenti du patient, à invalider ses questions ou à transformer tout désaccord en « résistance ».

La psychanalyse n’est pas un dogme : elle repose sur un travail de pensée partagé, où le doute et la mise en sens ont toute leur place.

Se sentir écouté, respecté et pris au sérieux dès les premières séances est un indicateur essentiel. L’inconfort est parfois nécessaire, mais le malaise persistant n’est jamais acceptable.

Enfin, choisir un thérapeute et une approche psychothérapeutique est un acte à la fois réfléchi et intuitif. Il s’agit de trouver un professionnel qualifié, formé et supervisé, capable d’offrir un cadre sûr et bienveillant, mais aussi de sentir si la relation qui se crée vous permet de vous engager en confiance.

Il n’existe pas de thérapie universelle : chaque parcours est unique, chaque souffrance mérite une écoute adaptée. Se respecter, rester vigilant, poser des questions, et accepter de changer de professionnel si nécessaire sont autant de gestes essentiels pour protéger son espace psychique et favoriser un véritable travail intérieur.

La thérapie est un chemin, parfois exigeant, mais lorsqu’il est mené dans le cadre approprié et avec un accompagnement compétent, il ouvre la possibilité d’un mieux-être durable et d’une meilleure connaissance de soi.

Virginie Ferrara

Psychothérapeute à Paris, je vous reçois à mon cabinet rue Vignon, Paris 9ème, sur rendez-vous au 01 53 20 09 31