Psychanalyste et psychothérapeute à Paris 9ème

Ce que les rêves disent de nous

Ce que les rêves disent de nous, les messages de notre inconscient…

Les rêves ont toujours fascinés les hommes et il est donc naturel que chacun ait recherché le sens ce cet étrange univers. Le rêve est notre intimité la plus absolue, il revêt parfois une très grande importance car il nous montre la partie la plus profonde, celle que nous cherchons parfois à masquer à l’état de veille. Là, nous ne pouvons nous dérober car il nous confronte aussi à notre ombre, à ce que nous refoulons, à nos désirs les plus interdits et inavouables…
C’est dans les dédales de notre plongée dans le sommeil qu’il nous dit les vérités les plus personnelles, les plus cachées, les difficultés que nous traversons au quotidien à partir de nos comportements, de nos désirs et de nos peurs.
Que signifient ces images, ces scènes si puissantes qu’elles nous laissent parfois au réveil la sensation très forte d’avoir eu accès à d’autres mondes, d’autres réalités et parfois même d’autres époques ?
Le rêve est indispensable à notre équilibre mental et psychologique, il est un processus biologique. Même s’il est une sorte de respiration, il est avant tout une soupape à de nombreuses tensions ressenties dans la journée. Il permet alors d’évacuer les soucis, d’exprimer des colères, des rages, des hostilités. Par l’accès aux messages qu’il nous envoie, il nous donne une foule de renseignements les plus précieux et la plupart des personnages qui se présentent sont souvent des aspects de nous-mêmes. Alors que cherchent-ils à nous dire à travers ces rébus où se mêlent des situations et des scènes parfois très alambiqués ?

Pour Sigmund Freud, le rêve possède un sens, il est l’accomplissement d’un désir et permet ainsi au rêveur de pouvoir exprimer ses désirs. L’interprétation des rêves est un ouvrage publié fin 1899 marque une date importante dans l’histoire de la psychanalyse.

D’une part, il s’agit d’un moment de systématisation de la théorie analytique, qui deviendra la métapsychologie mais ce fût aussi un ouvrage qui fît connaître la psychanalyse non sans faire émerger moult critiques. Ce livre n’est pas une clé des songes mais l’accès même à la façon dont notre inconscient travaille pendant notre sommeil.

Dans sa méthode d’interprétation, Freud décrit la règle de l’association libre qui est encore aujourd’hui, l’un des axes essentiel de la pratique psychanalytique.

Comment travaille le rêve ?

Contenu manifeste et contenu latent

La façon dont le rêveur raconte son rêve est appelé contenu manifeste. C’est le scénario tel qu’il apparaît au dans le souvenir que le rêveur en garde. L’interprétation du rêve consiste à remonter du contenu manifeste vers le contenu latent qui donne le sens du rêve. Ce contenu latent, est un ensemble de matériau refoulé, de pensées, des désirs parfois inavouables dont le rêveur n’a pas conscience. Il est restitué à partir du contenu manifeste grâce à l’association libre mais ils subissent la censure du refoulement et sont donc souvent transformés pour apparaître sous la forme du contenu manifeste.
Freud décrit le rêve comme une précieuse source d’information quant à la névrose.
Cependant, la technique de l’association libre amènera les psychanalystes par la suite à formuler différentes théories qui viendront enrichir la compréhension du rêve.
Si le symbolisme sexuel est largement utilisé par les psychanalystes, il s’agit de demeurer fidèle au discours pdu patient et à la façon dont il va raconter son rêve, plutôt que de l’interpréter pour lui.
Le travail d’élaboration du rêve

Il s’agit de définir pour ainsi dire le secret de fabrication qui vaut pour tout rêve. Par le travestissement, les désirs revêtent une sorte de masque qui fait qu’ils peuvent franchir sans se faire arrêter le barrage de la censure. C’est le processus par lequel le contenu latent va se transformer en contenu manifeste . Le rêve va se construire de cette façon et par la censure et le refoulement, les images constituant le souvenir du rêve portent les pensées, désirs constituant le contenu latent de façon voilé.

La condensation consiste à associer des images et/ ou des mots (dont les contradictions ne gênent pas) pour ne donner qu’une seule représentation psychique. Le processus de condensation peut, par exemple, composer un seul personnage à partir de différents éléments empruntés à plusieurs personnes. Les différentes significations se combinent entre elles. C’est d’ailleurs l’une des particularités de la métapsychologie qui envisage un même élément sous plusieurs angles. Il peut arriver que plusieurs éléments du contenu manifeste renvoient au même élément du contenu latent.

Le déplacement est l’opération qui masque ce qui a vraiment de l’intérêt. e déplacement fait également partie du travail du rêve, en ce que les parts importantes du contenu manifeste du rêve s’avèrent en réalité insignifiantes quant au contenu latent, et réciproquement. Le père qu’ inconsciemment, nous souhaitons tuer apparaît sous les traits d’un agent de police, d’un quidam anonyme représentant la loi : cette tactique de camouflage est le déplacement, l’excitation liée à un corps nu va être déplacée sur un beau paysage.

Le rêve chez Jung

Avant d’être dissident, Jung a été un admirateur de Freud. « Freud fut pour moi essentiel, surtout par ses recherches fondamentales sur la psychologie de l’hystérie et du rêve » (« Ma vie » p. 140), A partir de 1911, Jung prend de la distance avec les théories de Freud sur l’interprétation des rêves. Pour lui les rêves ne sont pas que réalisation de désir ; il se réfère au symbolisme, aux mythes, à l’histoire de l’humanité. A côté de l’Inconscient personnel (ensemble des contenus de l’expérience acquise, oubliée ou refoulée), il définit l’Inconscient collectif qui contient la mémoire de l’humanité (instincts et archétypes).
C’est avec son étude « Sur la signification des rêves de nombres » en 1910 que Jung commence à se démarquer de la pensée freudienne, séparation qui culminera en 1912, après leur rupture officielle. La même année il publie un dernier plaidoyer, « Sur la critique de la psychanalyse »D 18, avant de présenter et développer peu à peu sa propre théorie. Jung commence en effet à élaborer ses propres conceptions sur la signification des rêves peu après sa rupture avec Freud, en 1912 et 1913 .

En 1913, Carl Gustav Jung (1875-1961) parle pour la première fois en public de sa psychologie analytique, une approche qui étudie les manifestations de l’inconscient. Il propose de nouveaux concepts, comme les archétypes, qu’il a découverts à l’occasion d’un rêve, ou l’inconscient collectif, autre notion fondamentale de sa « psychologie des profondeurs ».

Dès 1916 Carl Gustav Jung publie la première ébauche de sa propre façon d’interpréter le rêve dans une revue anglaise The Psychology of Dreams. Par la suite, il développe sa conception et sa théorie du rêve dans deux ouvrages, L’Homme à la découverte de son âme et Sur l’interprétation des rêves. En 1916 Carl Gustav Jung publie Allgemeine Gesichtspunkte zur Psychologie des Traumes (Points de vue généraux de la psychologie du rêve) où il développe sa propre compréhension des rêves qui diffère beaucoup de celle de Freud. Dès lors, les rêves deviennent des matériaux d’étude comparative permettant à Jung d’avancer d’autres concepts et hypothèses comme l’inconscient collectif, dans Métamorphose et symboles de la libido et les archétypes. Plus tard, lorsqu’il prendra l’alchimie et ses allégories comme matériel de travail, il ne cessera néanmoins d’en éclairer les motifs en les mettant en parallèle avec les rêves de patients. Tout au long de sa carrière, Jung a donc amassé un nombre considérable de rêves qui lui permettent de déclarer sa méthode comme étant empirique. En 1928, il en formule les grandes lignes dans son article intitulé « Du rêve », repris dans L’Homme à la découverte de son âme (1948) et qui constitue son introduction la plus synthétique à sa conception du processus onirique.

Pour lui, le rêve est aussi une porte ouverte sur l’inconscient, mais il élargit sa fonction par rapport à Freud. Son interprétation et son rôle dans la psyché diffèrent de la perspective freudienne. Jung explique en effet que « la fonction générale des rêves est d’essayer de rétablir notre équilibre psychologique à l’aide d’un matériel onirique qui, d’une façon subtile, reconstitue l’équilibre total de notre psychisme tout entier. C’est ce qu’il appelle la fonction compensatrice (ou complémentaire) des rêves dans notre constitution psychique ». En ce sens, le rêve participe du développement de la personnalité, en même temps qu’il lie le sujet au vaste réservoir imaginaire qu’est l’inconscient collectif. Le rêve est par conséquent au cœur de la psychothérapie jungienne qui vise, par son étude et par la méthode de l’amplification, à rapporter chacun des motifs oniriques à l’imaginaire humain, et ainsi à en développer le sens pour le rêveur.
Pour Jung, le rêve ne peut s’expliquer, dans la plupart des cas, qu’à partir de lui-même, sans être réduit à des présupposés théoriques, qui lui feraient dire autre chose que ce qu’il dit réellement. A partir de là, le rêve, expression de l’inconscient le plus profond qui cherche à se dévoiler, ne se comprend qu’à travers l’effort de l’âme à être reconnue.

« … lorsque nous voulons explorer cette faculté qu’à l’homme de produire des symboles, les rêves constituent le matériau le plus fondamental et le plus accessible à notre examen.
Il faut ici tenir compte de deux points absolument essentiels : d’une part, le rêve doit être traité comme un fait, à propos duquel on ne doit pas avoir d’idée préconçue, sinon qu’il a d’une manière ou d’une autre un sens, une expression spécifique de l’inconscient. » C.G. Jung  » L’homme et ses symboles « , Robert Laffont, 1964 p 32.


Histoire de rêves

Pour en savoir :


Virginie Ferrara
Psychanalyste et Psychothérapeute Paris 9ème
Cabinet de psychanalyse et psychothérapie Active Paris 9ème
28, rue Vignon 75009 PARIS

Bibliographie

Sigmund Freud, Die Traumdeutung, 1900, L’Interprétation des rêves, PUF 1967,
Sigmund Freud, Le Rêve de l’injection faite à Irma, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot »
Sandor Ferenczi, L’interprétation scientifique des rêves, 1909, in Psychanalyse I, Payot 1968
Paul Fuks, Les rêves, Les essentiels, Éditions Milan

L’Analyse des rêves tome 1, Albin Michel, coll. « Bibliothèque jungienne », 2005
première publication en 1928 – 1929
L’Analyse des rêves tome 2, Albin Michel, coll. « Bibliothèque jungienne », 2006
première publication en 1928 – 1929
Les Rêves d’enfants, tome 1, Albin Michel, coll. « Bibliothèque jungienne », 2002
première publication en 1936 – 1941 Les Rêves d’enfants, tome 2, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque jungienne », 2004
Autres ouvrages :

Étienne Perrot, Les Rêves et la vie, Éditions du Dauphin, coll. « La Fontaine de pierre Marie Louise von Franz, La Voie des rêves, Paris, Éditions du Dauphin, coll. « La Fontaine de Pierre », 2008, 304 p.
Marie Louise von Franz, Les Rêves et la mort, Paris, Fayard, coll. « L’espace intérieur », 1985
Marie Louise von Franz, Rêves d’hier et d’aujourd’hui, de Thémistocle à Descartes et C.G. Jung, Paris, Jacqueline Renard